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Prisons de
Madagascar
Suite à la crise politico-militaire de 2002 et la fuite de l’ex-président
Didier Ratsiraka
pour la France,
le nouveau
gouvernement en
place n’a pas
vraiment
amélioré la
situation dans
les prisons.
Le ministère de
la Justice de
Madagascar ne
disposant d’un
budget suffisant
est dans
l’incapacité de
résoudre les
problèmes liés
aux conditions
de détention des
prisonniers. Il
n’existe pour le
moment que peu
de mesures
concrètes car
elles
nécessiteraient
une enveloppe
budgétaire que
le gouvernement
malgache ne
semble pas être
en mesure de
consentir pour
les 35 maisons
centrales du
pays qui
regroupent un
effectif
d’environ 18 300
détenus.
Beaucoup d’hommes, de femmes et mineurs purgent leur peine dans des
bâtiments datant
de la
colonisation
française.
(Madagascar fut
sous protectorat
français en 1894
avant d’obtenir
son indépendance
en 1960). La
plupart du
temps, les
détenus dorment
à même le sol
dans des pièces
incroyablement
exiguës. La
ration
alimentaire
n’atteint, loin
s’en faut, les
500gr minimum
par jour. Les
repas sont
essentiellement
constitués de
manioc bouilli.
Les dons des
familles de
prisonniers, des
congrégations
religieuses et
les
interventions
ponctuelles
d’organisations
non
gouvernementales
tentent de
pallier les
urgences les
plus criantes.
Les problèmes de santé et d’hygiène font partie du quotidien dans les
prisons de
Madagascar. La
détresse
sanitaire dans
laquelle se
trouvent les
détenus est,
avec la
malnutrition,
une des causes
principales de
morbidité. Les
pathologies
rencontrées sont
des plus
diverses :
paludisme, gale,
dysenterie,… Les
consultations du
personnel
médical
pénitentiaire,
souvent
déficient, sont
trop rares.
De plus, les procédures judiciaires étant très lentes, des prévenus sont
incarcérés tous
les jours,
attendant leur
comparution
devant le
tribunal. Des
mesures
concrètes
doivent être
prises afin
notamment
d’accélérer les
jugements, ce
qui se
traduirait par
une diminution
significative
des effectifs
carcéraux. Le
taux
d’occupation en
2003 s’élevait à
138%. Les
prévenus
représentent 70%
de la population
des prisons
contre 30% de
condamnés.
En septembre 2003, nous mettons le pied sur la grande île rouge. Après
des semaines de
démarches
administratives
et de
négociations à
Antananarivo,
nous avons enfin
le feu vert pour
prendre des
photographies
dans les prisons
malgaches. Notre
démarche :
témoigner des
conditions de
vie des détenus.
Après avoir
passé trois mois
auprès d’eux,
nous ne pouvons
que constater
l’état d’urgence
et l’impuissance
du gouvernement.
« Nous nous
efforçons de
respecter la
dignité humaine
mais nous n’en
avons pas les
moyens » Alain
Rajaonarivelo,
Directeur
Général de
l’Administration
Pénitentiaire.
Les prisonniers
sont dans la
détresse,
physique et
morale. Le
personnel, quant
à lui,
insuffisant et
non qualifié,
s’abaisse
souvent à la
corruption et
aux mauvais
traitements. A
travers ces
photographies,
nous espérons
vous
sensibiliser sur
le sort de ces
détenus dans
l’ombre.
Hélène Hébrard et Jérôme Bonnot
Voici les coordonnées d’une association qui oeuvre sur le terrain :
MEDICAP
www.medicap.info
Gérard Fayette
Christiane Coche
BP 4238 Antananarivo
34 Rue Saint
Jérôme
101 Republique de Madagascar
69 007 Lyon
Tel : 261 032 04 854 45
Tel :
04.72.71.40.56.
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